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Burn-out et valeurs professionnelles : transformer l’épreuve en déclic

Burn-out et valeurs professionnelles : transformer l’épreuve en déclic

Le burn-out et les valeurs professionnelles sont intimement liés. Le burn-out n’est pas une simple fatigue psychologique, mais un feu intérieur qui consume à la fois le corps, les émotions et l’esprit. Quand je l’ai traversé, j’ai d’abord cru (à tort) que tout venait de mon management. J’en voulais à mes supérieurs de ne pas avoir réduit ma charge de travail après ma maternité, de ne pas m’avoir aidée à gérer mes priorités, de ne pas avoir vu ma détresse. Mais avec le recul, je comprends que ce n’était pas seulement une question de personnes. C’était un système entier, où l’humain n’est plus perçu comme un être sensible mais comme un maillon d’une chaîne, un rouage qui doit continuer de produire.

En ce qui me concerne, au lieu d’apprendre à dire « non », d’apprendre à poser des limites, je me suis laissée emporter. Je pensais (à tort encore une fois) pouvoir porter plus que je ne pouvais. Je n’ai pas su communiquer assez clairement. Je ne veux jeter la pierre ni sur eux, ni sur moi. J’étais simplement dans un environnement où mes émotions d’hypersensible n’avaient pas leur place.

Le problème, c’est qu’on croit encore trop souvent que le burn-out est “dans la tête”. Ce mot est devenu un fourre-tout pour désigner le psychologique, alors qu’en réalité, le burn-out s’imprime dans chaque cellule du corps. Il dérègle les hormones, brûle le système nerveux, fragilise la digestion… Il laisse une empreinte physique bien plus profonde qu’on ne l’imagine.

C’est cette réalité-là que je voulais explorer ici : le lien entre burn-out et valeurs professionnelles. Car cette épreuve n’est pas seulement douloureuse, elle est aussi un signal puissant qui nous oblige à réinventer notre manière de travailler, à nous réaligner et à redonner du sens à notre vie professionnelle.

Le burn-out : bien plus qu’un problème psychologique

Quand burn-out et valeurs professionnelles révèlent un déséquilibre profond

On entend souvent dire que le burn-out, « c’est dans la tête ». Pendant longtemps, je l’ai cru aussi. Comme beaucoup, je pensais qu’il suffisait de « prendre sur soi », de faire preuve de volonté et de force mentale pour s’en sortir. Mais la réalité est toute autre.

Le burn-out est un effondrement global. Il touche le système nerveux, dérègle les hormones, fragilise la digestion et installe une fatigue profonde qui ne disparaît pas après quelques nuits de repos. La science confirme ce ressenti : des études montrent des perturbations du cortisol, de la thyroïde, de l’insuline et même du métabolisme énergétique. Le corps entier est impacté.

Le piège, c’est qu’on ne s’en rend pas compte immédiatement. Sur le moment, on est porté par l’urgence. L’adrénaline et la dopamine deviennent des carburants puissants qui nous donnent l’illusion de tenir. Dans certains environnements, cette hyperactivité est même valorisée : être débordé devient synonyme d’importance. On se sent indispensable… jusqu’au jour où le corps lâche.

Le stress ponctuel peut être un allié. Mais quand il devient chronique, il ronge lentement l’organisme de l’intérieur, jusqu’à l’épuisement total. Et c’est là qu’apparaît le lien direct entre burn-out et valeurs professionnelles : quand ce que nous faisons chaque jour n’est plus aligné avec ce que nous sommes profondément, le coût pour notre santé devient immense.

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Mon expérience : un cercle vicieux silencieux

Je me reconnaissais dans tous les profils à risque décrits par Christina Maslach, spécialiste du burn-out : perfectionnisme, besoin de reconnaissance, hypersensibilité, incapacité à poser des limites. Son modèle identifie six grandes causes de burn-out, et je les cumulais toutes : une charge de travail excessive, un manque de contrôle sur mes priorités, peu de reconnaissance, un sentiment d’isolement, des valeurs en désaccord avec celles de mon organisation, et parfois une profonde impression d’injustice.

Concrètement, en télétravail, je pouvais travailler du réveil jusqu’à tard le soir, sans voir le temps passer. J’avais tellement envie de bien faire et en même temps, avec des sollicitations moindres, je voulais m’avancer sur tout. Mais on m’avait demandé de rester « visible en ligne » sur la plateforme de l’entreprise… Juste pour être sûrs que j’étais à mon bureau. Je trouvais cela absurde, presque humiliant. J’avais déjà prouvé que j’étais sérieuse. Pourquoi me “fliquer” ? Mon côté rebelle gonflée au burn-out m’avait fait répondre : « soit vous me faites confiance, soit non ». En réalité, plus je donnais, plus je m’épuisais, et plus je me décevais. J’étais déjà dans un cercle vicieux : avancer en pilote automatique, incapable de voir le mur qui approchait.

Puis, un jeudi après-midi, mon corps a dit stop. Une vague d’épuisement physique m’a submergée. Le soir même, en larmes, je suis allée voir mon médecin en urgence. Son regard inquiet m’a fait comprendre que ce n’était pas seulement « dans ma tête ». J’ai eu un arrêt de travail et j’ai commencé à chercher des solutions. J’ai même rencontré une spécialiste du burn-out exceptionnelle. Elle, elle avait décelé un décalage, entre mes valeurs et celles de l’entreprise. Un mois et demi plus tard, je retournais travailler. Fragile, vulnérable, je revenais dans un environnement où rien n’avait changé… et moi, je n’avais pas encore changé mes habitudes non plus. Alors j’ai refait pareil…

Burn-out et valeurs professionnelles : transformer l’épreuve en déclic

Changer d’environnement professionnel

Le burn-out agit souvent comme un révélateur. Il nous oblige à regarder en face ce que l’on refusait de voir : parfois, nous ne sommes tout simplement pas à la bonne place. Quand nos valeurs sont en décalage avec celles de notre entreprise, ou que le rythme imposé ne respecte plus nos besoins, l’épuisement devient inévitable. Dans ce cas, le déclic peut être de changer d’environnement : intégrer une autre entreprise, un lieu géographique différent, choisir une structure plus humaine, ou même réinventer totalement son parcours en se tournant vers un autre métier. Ce n’est pas une fuite, c’est un repositionnement nécessaire pour protéger sa santé et retrouver du sens.

Apprendre à mieux se connaître

Mais le changement ne se situe pas seulement à l’extérieur. Le burn-out met aussi en lumière un manque de connaissance de soi. Beaucoup d’entre nous n’ont jamais vraiment pris le temps de réfléchir à leurs valeurs profondes, à leurs forces, à leurs faiblesses, mais aussi la confiance en soi. Pourtant, c’est là que tout commence.
Se connaître, ce n’est pas chercher à transformer sa personnalité, mais à mieux l’apprivoiser. Comprendre ses limites, savoir ce qui nous épuise et ce qui nous nourrit, reconnaître nos besoins réels… c’est ce qui permet d’éviter de replonger dans les mêmes schémas. Avec l’âge et l’expérience, on peut s’améliorer, comme un bon vin, mais encore faut-il prendre ce temps d’introspection que le burn-out nous impose parfois brutalement.

Réapprendre à s’organiser et à gérer son temps

Enfin, le déclic peut aussi se trouver dans notre manière de gérer le quotidien. Tout va de plus en plus vite : le travail, la maison, la famille, parfois les enfants. Si nous ne posons pas de cadre clair, la surcharge devient automatique.
Réapprendre à s’organiser, à gérer ses priorités, à dire non quand c’est nécessaire, est une compétence aussi vitale que n’importe quelle technique professionnelle. Le burn-out peut devenir le point de départ d’une nouvelle façon de travailler et de vivre, plus équilibrée, où l’on ne cherche plus à « tout faire », mais à faire ce qui compte vraiment.

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Burn-out et valeurs professionnelles : un défi majeur pour les entrepreneurs du bien-être

Le burn-out touche beaucoup d’entrepreneurs du bien-être. Par passion, par envie de faire fonctionner leur projet, ils travaillent sans compter leurs heures… et oublient parfois leurs propres valeurs. Ça peut paraitre comme un paradoxe : ceux qui prônent l’équilibre, la santé et l’alignement sont souvent ceux qui s’épuisent le plus vite. Ce n’est pas évident de s’appliquer à soi-même les principes qu’on transmet à nos clients quand une activité dépend de nous. Concrètement, cela peut se traduire par :

  • Lancer une nouvelle activité et passer des semaines entières à tout mettre en place, sans pause réelle ;
  • Accepter tous les clients par peur de manquer, même si certains ne sont pas alignés avec ses valeurs ;
  • Négliger sa santé (sauter des repas, réduire son sommeil) pour « avancer plus vite » ;
  • Passer plus de temps à gérer l’administratif qu’à exercer son vrai métier ;
  • Confondre productivité et suractivité, en multipliant les petites tâches qui donnent l’illusion d’avancer.

Des solutions existent. L’une d’elles est la délégation. On ne peut pas tout faire seul, surtout pas dans la durée. Apprendre à confier certaines tâches (administratives, organisationnelles ou digitales) permet de dégager du temps, de réduire la charge mentale et de se recentrer sur ce qui compte vraiment : aider ses clients, transmettre, accompagner.

C’est d’ailleurs ce qui m’a conduite à proposer mes services d’assistante virtuelle spécialisée dans le bien-être et la santé naturelle. Parce que je sais, pour l’avoir vécu, à quel point il est difficile d’être partout à la fois, et combien il est précieux de retrouver un peu d’espace pour souffler.

Pour conclure, je parlerais de l’importance de retrouver, pas à pas, notre alignement. Le burn-out n’est jamais anodin : il nous force à ralentir, à revoir nos priorités et surtout à questionner nos valeurs professionnelles. Cette épreuve, aussi douloureuse soit-elle, peut devenir un véritable déclic. Elle nous rappelle qu’aucun projet, aucun poste, aucune activité ne mérite que nous sacrifiions notre santé.

Que l’on soit salarié ou entrepreneur, l’enjeu reste le même : apprendre à s’écouter, à respecter ses limites et à rester aligné avec ce qui compte vraiment. Cela passe par une meilleure connaissance de soi, par l’art de poser des limites claires, mais aussi parfois par la délégation de certaines tâches pour ne plus tout porter seul. Aujourd’hui, j’aime croire que le succès se mesure à notre capacité à travailler avec sens, équilibre et authenticité. Et c’est cette voie que je souhaite à chacun.

A propos de l'auteur

Daniela J.

Bonjour, je suis Daniela ! Assistante freelance passionnée par la santé holistique, je mets mon expertise au service des professionnels du bien-être. Grâce à mes formations en santé intégrative et coaching, je vous aide à développer et gérer votre activité, afin que vous puissiez vous concentrer sur ce qui compte vraiment : accompagner vos clients.

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